EGLISE ORTHODOXE D'ESTONIE

Chapitre

Patriarcat

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

DECLARATION DE BRUXELLES
20 décembre 2001

" La Paix de Dieu dans le monde "
Vers la coexistence pacifique et la collaboration
entre les trois religions monothéistes :
Judaïsme, Christianisme et Islam


Rendant grâce à Dieu pour l'opportunité qui nous a été donnée de nous rencontrer, nous, les participants à cette réunion inter-religieuse, nous nous sommes réunis à Bruxelles (Belgique), les 19 et 20 décembre 2001, sur l'invitation de Sa Sainteté Bartholomeos, Patriarche Œcuménique, et de Son Excellence Romano Prodi, président de la Commission Européenne. Ayant à l'esprit les terrifiantes attaques terroristes du 11 septembre aux Etats-Unis d'Amérique tout comme les conflits existants dans diverses régions du monde, nous avons examiné, dans un esprit de bonne volonté et de disposition sincère, les contributions positives du Judaïsme, du Christianisme et de l'Islam à la condition actuelle de l'humanité. C'est précisément sur base de notre respect de la diversité de nos religions que nous nous engageons dans ce dialogue. C'est pourquoi, sur base de ces discussions, nous nous efforçons d'assumer notre responsabilité commune, à savoir de proclamer ensemble " La Paix de Dieu dans le monde " comme partie intégrante des enseignements de nos religions respectives.

1. La volonté de Dieu est que la paix du ciel règne sur terre. La paix de Dieu n'est pas la simple absence de guerre mais bien le don d'une abondance de vie. Il y a en effet un lien direct et inséparable entre la paix et la justice. Nous devons dès lors prier constamment pour que la paix prévale dans le monde et pour que les fidèles de toutes les religions coexistent pacifiquement dans notre société globale moderne, multi-culturelle et pluri-ethnique.

2. Reconnaissant que dans l'histoire de l'humanité, des crimes ont été commis par des membres de confessions religieuses, nous exprimons nos regrets et notre repentir. Nous affirmons toutefois que les extrémistes ne reflètent pas les enseignements de ces religions. Les doctrines religieuses ne sont donc point responsables des actes d'adhérents, qui sont commis soit par transgression soit en vertu d'une fausse interprétation. C'est pourquoi nous reprenons les termes du Communiqué de Berne (1992) et de la Déclaration du Bosphore (1994), selon lesquels " un crime commis au nom de la religion est un crime contre la religion ".

3. L'un des rôles majeurs de la religion est d'apporter la paix de Dieu dans le monde sur un plan local et universel. Il incombe aux responsables religieux d'empêcher que la ferveur religieuse ne soit utilisée pour atteindre des buts qui sont étrangers à son rôle.

4. Un élément fondamental commun à nos religions monothéistes est la foi et la confiance en un Dieu bon, aimant l'homme, clément et miséricordieux. L'amour de Dieu est offert à la libre acceptation de tous les êtres humains, sans contrainte et sans considération de race, d'appartenance ethnique, de culture ou de sexe.

5. La réponse du croyant à l'invitation de Dieu est concrétisée par la foi exprimée par la prière, l'amour, les bonnes œuvres, le respect d'autrui et la contribution à une société juste et à l'ordre social. L'essence de chaque religion est toutefois manifestée par ceux qui ont un cœur pur.

6. Toutes nos religions considèrent la justice et la paix comme des dons et des bénédictions de Dieu et comme des devoirs de chaque être humain à l'égard d'autrui. Aucune d'entre elles n'approuve la violence, le terrorisme ou le mauvais traitement des êtres humains. Toutes désapprouvent la justification, au nom de la religion, d'actes violents et inhumains, lesquels ne sont point conformes à l'esprit de paix et de justice, de coopération pacifique et de respect de la dignité de la personne humaine.

Etant donné ces vérités :

7. Nous insistons sur la nécessité de s'attaquer aux causes des tensions locales et régionales, surtout dans les pays en voie de développement. Les injustices sont un fait et nous respectons les efforts de ceux qui luttent pour y remédier. Ceci ne justifie toutefois point le mal qui pourrait détruire d'innocentes vies humaines. D'où cet appel, dans toutes nos religions, à apporter la paix avec la liberté, la justice et les droits de l'homme.

8. Nous rejetons unanimement le postulat selon lequel la religion contribue à un choc inévitable des civilisations. Au contraire, nous affirmons le rôle constructif et instructif de la religion dans le dialogue entre les civilisations.

9. Nous exhortons ceux qui façonnent l'opinion publique d'éviter de mettre en danger les bonnes relations et la coopération pacifique entre les peuples par la diffusion d'opinions religieuses extrémistes en tant que reflets d'une foi religieuse authentique.

10. Rejetant toute forme de discrimination, nous apportons notre soutien aux principes de respect mutuel, de réciprocité, de droits de l'homme, de liberté religieuse, de coexistence pacifique et de coopération pluri-religieuse.

11. Nous appelons les dirigeants des peuples du monde à déployer tous leurs efforts en vue de la résolution pacifique des conflits. Dans un esprit de coexistence pacifique, nous appelons à la fin de la violence au Moyen-Orient et au retour au processus de paix. Nous prions dès lors pour que partout où il y a des conflits les peuples puissent jouir de la paix dans la justice. Nous sommes convaincus que toutes les ressources morales, politiques et financières devraient être utilisées pour réaliser le développement intégral de tous les êtres humains et de toutes les nations.

12. En signe de solidarité et soutenus par nos ressources spirituelles respectives, nous nous engageons à nous joindre aux efforts qui mènent à la paix dans le monde. A cette fin, ensemble nous appelons tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté sur tous les chemins de la vie, et particulièrement ceux qui, en vertu de leurs positions religieuses et politiques, portent la responsabilité d'œuvrer en faveur du bien commun, d'être convaincus par cet appel à une collaboration pacifique.

13. Dans l'unité, la solidarité et l'amour, et priant pour que nos efforts conduisent à " La Paix de Dieu dans le monde ", nous nous engageons et appelons nos confessions religieuses respectives :

(a) à inciter les enseignants, les membres des media, les décideurs et autres particuliers, tout comme les institutions de la société civile, à mieux comprendre les confessions religieuses et leurs doctrines, ainsi qu'à les familiariser avec les héritages historiques, culturels et religieux respectifs de ces confessions à l'échelle mondiale. Plus spécifiquement en ce qui concerne l'éducation, nous appelons à expurger les manuels de formulations ou de références préjudiciables et discriminatoires à l'encontre des religions, des cultures et des groupes ethniques ;

(b) à soutenir des initiatives inter-religieuses ou inter-culturelles présentes et à venir, y compris les initiatives des jeunes, dans le plus grand nombre possible de régions à travers le monde. Sachant que le comportement discriminatoire est davantage inculqué qu'inné, nous nous engageons à instruire nos guides spirituels et nos croyants sur la voie de la paix, du respect mutuel et de la confiance.

(c) à poursuivre notre dialogue et encourager tous les efforts en vue de promouvoir la collaboration entre nos trois religions, telle qu'elle a été manifestée par les participants à cette réunion.

(d) à favoriser les réseaux de communication contribuant à l'échange régulier des opinions et des idées.

Retour au sommaire

RESSOURCES
Archives du site
Liens du Web
 
CHAPITRES
Page accueil
Patriarcat
 
VERSIONS
Estonienne