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INTRODUCTION
A LA SEMAINE SAINTE
Chers
Frères et Sœurs en Christ,
La
Grande et Sainte Semaine, à laquelle nous accédons encore une
fois cette année-ci par la grâce de Dieu, nous offre de faire
l’expérience intérieure de notre salut par le Christ. Elle place
devant nous les grandes réalités auxquelles nous sommes invités
à participer : la nécessité pour nous de prendre conscience
du péché et de nous repentir, le sacrifice de la Croix et la
glorieuse Résurrection du Christ. Ainsi nous sommes appelés
à laisser couler le sang du Christ sur nos plaies spirituelles,
à mourir en Christ pour revivre en Lui : telle est l’épreuve
à laquelle nous invite la Semaine Sainte.
Que
dire des souffrances du Christ ? Elles nous sauvent, non pas
comme souffrances et comme mort, mais parce qu’elles sont le
jusqu’au bout de toute une vie de courage et d’amour. Jésus,
sur la croix, nous révèle ce que cela signifie « aimer coûte
que coûte » et jusqu’à l’extrême. Comprenons bien ceci : la
croix du Christ n’est pas une école de souffrance, elle est
une école d’amour, qui libère des puissances de vie insoupçonnables.
Resterons-nous
sourds devant cet appel à aimer ; resterons-nous aveugles à
force de ne penser qu’à nous-mêmes ? Le cri du Christ sur la
croix nous rappelle que la plus grande puissance d’un homme,
c’est de pouvoir aimer. Alors, comment ne pas avoir honte de
toutes nos dérobades ?
Et
parce que la puissance de vie de l’amour, malgré la mort, est
si grande, elle finit par exploser en résurrection. C’est cela
l’extraordinaire du message de la Semaine Sainte et de Pâques
: chaque fois que sur cette terre un homme voudra et pourra
aimer comme le Christ, il se passera toujours quelque chose
d’extraordinaire. La Semaine Sainte, mes chers amis, n’est un
lieu de gémissements ni sur Jésus ni sur nous. La semaine Sainte,
c’est finalement le lieu des appels à l’héroïsme et à la lucidité
: voilà ce que coûte l’amour véritable.
Aussi
nous ne devrions nous approcher des mystères de cette Grande
et Sainte Semaine – qui sont les mystères du Christ, mais aussi
nos propres mystères – qu’en tremblant et néanmoins avec une
confiance infinie.
Oui,
pour
ceux qui finalement se laissent simplement travailler par le
regard du Christ sur la croix,
pour ceux qui ne peuvent plus supporter de ne pas être avec
Lui,
pour ceux qui acceptent ce qui leur fait peur et qui les révolte,
pour ceux qui ne s’abandonnent pas par lassitude ou par résignation,
pour ceux qui pour vivre et pour faire vivre disent oui à tout
ce qui leur coûte tant,
la Semaine Sainte nous démontre que tout était vérité dans la
vie de Jésus, que tout est vérité dans sa mort et dans sa résurrection,
que tout est finalement vérité pour nous.
Et
c’est bien cette vérité qui nous sauve puisque l’amour de Dieu
pour les hommes n’a pas à être démontrée : elle est avant tout
un fait !
Ô
mon Sauveur,
Fais-moi
connaître, pendant ces jours où nous ferons l’expérience de
ta Passion et de ta Résurrection, la signification profonde
du don du Fils unique par son Père,
du don que le Fils a fait de sa propre vie,
et de ce « plus grand amour » que révèle le mystère pascal ;
et
fais-moi aussi connaître ce qu’implique, de ma part, "le
don de la vie" et le "plus grand amour" . Amen
!
Métropolite
STEPHANOS de Tallinn
Documentation
utilisée :
-
Un Moine de l’Eglise d’Orient : « L’AN DE GRACE DU SEIGNEUR
» , Ed. AN- NOUR, Tome Second,pp.42-45.
- André Sève : « UN RENDEZ-VOUS d’AMOUR », Ed. Le Centurion
1983, pp. 98-99 ; 335-337.

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