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MESSAGE
de NOËL de l’An de Grâces 2007
Chers
Frères et Sœurs en Christ,
Aujourd’hui
c’est le temps de la visite de Dieu parmi les hommes ; le temps
de Dieu qui rencontre le temps de l’humanité. Aujourd’hui Christ
naît !
Il
ne s’agit pourtant pas d’une naissance ordinaire. Dieu vient
chez les siens un jour du temps, de notre temps et non pas du
sien qui n’est qu’un instant dans l’éternité. Il vient chez
nous tout simplement parce qu’il nous prend au sérieux, il croit
en notre humanité. Dieu se devait de devenir l’un de nous pour
que toute l’humanité puisse entrer dans la vie divine. Dieu
disparaît derrière le discours des hommes, alors que ce sont
les hommes qui doivent s’effacer devant Dieu. Voilà le projet,
le rêve fou de Dieu que nous commémorons ce jour : que toutes
et tous nous soyons en lui. Il est devant nous, dans les yeux
de cet enfant tout fragile, nouveau-né couché dans la crèche
d’une grotte. Et nous sommes là, à le regarder nous tendre les
bras, tout surpris de la manière dont il vient à nous. Vraiment,
ce jour ne peut nous concerner que si nous contemplons en vérité
la manifestation de Dieu dans l’humilité de cette crèche.
Une grande lumière vient de se lever. Un enfant nous est né,
un fils nous a été donné ( Isaïe 9 1-6 ). Une espérance insoupçonnée
se réveille au fond de nous-mêmes. La lumière que nous avait
annoncée le prophète Isaïe luit maintenant à Bethléem, dans
le berceau d’un enfant. Une lumière au sein d’un monde de souffrants,
de pauvres qui n’avaient plus rien à espérer car telle était
la condition de ceux qui L’avaient alors accueilli. Le mystère
de Dieu est là : c’est bien pour ce peuple plongé dans la nuit
et traversant les ténèbres que se lève la lumière. Les bergers
et les Mages de l’Evangile en sont les figures types ! Pour
eux l’étable de la grotte n’a rien de sordide. Le Fils de Dieu
se donne d’abord à ceux qui n’ont rien tout comme à ceux qui
ne cherchent pas d’autre lumière que celle promise par Dieu
dans sa Parole.
Les
bergers et les Mages… Ils se prosternent devant l’enfant Jésus
! Ils l’adorent comme un Dieu et non pas comme « ce nouveau-né
fardé que notre esprit de réveillon voudrait inventer ». L’Esprit
divin qui les a conduits ici est celui-là même qui les a instruits
et les a enseignés dans le secret de leur être car puisque le
monde, avec toute sa sagesse, n’a pas pu reconnaître Dieu dans
sa sagesse, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie
de son message (1Corinthiens 1,21).
Mes
bien-aimés,
La
fête de la naissance du Christ est un temps qui se conjugue
au présent parce qu’elle nous invite à renouveler notre foi
dans ce qu’elle a de plus humble afin que nous devenions plus
accueillants au don total de Dieu-avec-nous, l’Emmanuel.
Que
l’Enfant Jésus de la crèche touche nos cœurs, qu’Il nous garde
pour l’année qui vient et puisque cette nuit est la nuit de
tous les enfants du monde, qu’Il veille tout particulièrement
sur tous nos jeunes.
Avec
ma bénédiction paternelle en Christ, Seigneur et Sauveur.
En
ce 25 décembre de l’An de Grâces 2007.
+STEPHANOS, Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie

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