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MESSAGE
PASCAL 2005
Le
Christ est ressuscité ! L’Enfer est mis à nu. La Mort est vaincue.
Allégresse des allégresses : tout autour de nous est communion
à la divine joie.
Elle
est déjà derrière nous la Grande et Sainte Semaine, où nous
avons été appelés à laisser couler le sang du divin Sauveur
sur nos plaies spirituelles, à nous unir à Sa mort pour être
aussi unis à Sa vie nouvelle. Le temps de l’épreuve de notre
confrontation avec la croix et le tombeau est arrivé à son terme.
Ce jour est tout autre. Le Christ est ressuscité ! Le banquet
de la fête des fêtes est déjà dressé et nous attend avec impatience
; que nul ne s’en prive : le jour éclatant de la Résurrection
s’est levé pour nous.
«
Ne cherchez pas parmi les morts le Vivant », clame l’évangéliste
Luc (24/6) aux femmes venues de grand matin déposer au tombeau
leurs aromates ( Luc 24/ 1-4 ). Demeurait encore un obstacle
de taille : la lourde pierre scellant l’entrée du sépulcre.
Mais elles la trouvèrent roulée et ne savaient qu’en penser.
L’évangéliste Matthieu précise qu’elle fut ôtée d’une manière
qu’elles n’avaient pas prévue : il se fit, écrit-il, « un grand
tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel,
vint rouler la pierre et s’assit dessus » ( 28/2 ).
Ne
pas chercher parmi les morts le divin Ressuscité, oser proclamer
que Christ est vivant, qu’Il est le Vivant, qu’Il est la Vie,
qu’Il nous fait vivre, n’est pas une affaire de raison. La Résurrection
« ne sera jamais au bout d’un raisonnement. Elle ne peut être
que révélée ».
La
Résurrection, c’est notre foi. Car c’est bien de notre foi et
d’elle seule dont il est question ici. La foi est une secousse
fulgurante, pareille à un grand tremblement de terre, qui fait
rouler la pierre de l’incrédulité scellant l’entrée du cœur
de l’homme ; la foi est un cataclysme bouleversant, qui force
l’être total à un changement intérieur radical, où il peut enfin
saisir sa vraie relation au Christ.
Et
pour que cette relation devienne notre part, il faut d’abord
avoir bu au calice de la Passion, il faut d’abord avoir aidé
Jésus à porter sa croix, il faut d’abord avoir été brisé par
la douleur du vendredi saint, condition nécessaire qui nous
plonge dans la joie de Pâques.
Alors
et alors seulement j’aurai fini de comprendre ce que signifie
pour moi la Passion du Christ, sans laquelle je ne puis entrer
dans le mystère de sa Résurrection. Alors et alors seulement
je serai à même de témoigner que Jésus ressuscité vit en moi,
que je suis en état de résurrection, en mouvement de résurrection
jusqu’au jour où le Vivant lui-même « transfigurera mon corps
d’humilité pour le rendre semblable à son corps de gloire »,
écrit Saint Paul (Ph2/21).
Le
Christ est ressuscité ! Jésus nous invite à entrer dans la joie
pascale. Il ouvre notre cœur au pardon qui jaillit du tombeau
vide, gage visible de notre propre pardon ; Il nous laisse pénétrer
dans la lumière de Pâques ; Il nous communique la puissance
de sa Résurrection.
Il
est véritablement ressuscité ! Jusqu’à la fin des temps, Dieu
est avec nous, Lui qui est devant nous. Et « de sa plénitude
tous, nous avons reçu, et grâce sur grâce » (Jean 1/16 ).
Je
vous bénis tous dans la joie de la Résurrection et vous souhaite
une sainte et très heureuse fête de Pâques.
Pâques de l’An de grâces 2005.
+STEPHANOS,
Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie.

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