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Message
du Métropolite Stephanos pour le Temps de Carême
Voici
venu le temps du Carême proprement dit, le temps de la Sainte
Quarantaine ainsi que se plait à le définir notre Eglise. Ce
chiffre symbolique de 40 joue un rôle important dans la Bible.
Comme le peuple juif au désert, comme Moïse sur le Sinaï, comme
le prophète Elie, nous sommes appelés pendant quarante jours
à parcourir les étendues de notre âme ; nous sommes invités
encore une fois à nous dégager le plus possible des soucis du
quotidien car l’homme « ne vit pas seulement de pain mais de
toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt. 4, 1-4). Faire
abstraction de cette évidence, c’est déjà tomber dans les pièges
que nous tend le péché.
Le
péché, c’est avant tout une aventure. Une bien mauvaise aventure,
une réalité extraordinaire qui utilise pour appât, la séduction.
Rappelons-nous ici de nos premiers parents : c’est par la séduction
que le Malin a trompé Adam et Eve en leur présentant l’erreur
comme une vérité, le mal comme un bien.
Il
en est de même pour nous : séduits à notre tour par le Malin,
qui le plus souvent, se présente à nos yeux sous les traits
d’un ange de lumière, nous cédons à ses tentations. Et tandis
que nous sommes convaincus d’agir pour la vie, ce n’est pas
la vraie vie que nous rencontrons sur notre chemin, mais la
mort pour notre âme. C’est donc, d’abord, cela même notre premier
péché : nous laisser séduire par le Malin.
C’est
pourquoi l’Eglise nous dit dans ses hymnes : « ce temps est
bienvenu… » Il est bienvenu pour nous, pour le combat spirituel
qui nous attend : un combat long et difficile qui donne la victoire
à qui est plein de courage et d’enthousiasme.
Mais
l’enseignement de notre Eglise ne se limite pas, durant le Carême
surtout, au seul aspect moral de ce combat contre la débauche
et la corruption. Il sous-entend autre chose de plus important
encore, à savoir qu’il ne nous suffit pas de vivre uniquement
selon la loi. La loi à elle seule, quoique utile et nécessaire,
ne prépare pas à la vision de Dieu. Il lui faut une autre finalité
pour s’accomplir et c’est l’amour. Sans amour la loi est fade,
lugubre et stérile. Et l’amour, c’est avant tout reconnaître
que l’autre est supérieur à moi car je suis, moi, plus pécheur
que lui.
En
ce temps de Carême, essayons de voir ce qui, en nous, nous fait
si souvent oublier Dieu. Essayons de voir ce qui nous éloigne
de ses commandements et du règne de l’Esprit saint. Notre tentation
à nous chrétiens, c’est de nous contenter d’une piété uniquement
fondée sur la loi qui reste étrangère à la simplicité des commandements
de Dieu et à la charité fraternelle ; en d’autres termes de
nous contenter d’une piété sans la joie de l’Evangile.
En
ce temps de Carême, demandons à Dieu de nous faire connaître
Sa divine pensée, de nous protéger des séductions du malin Tentateur
et de nous remplir de Sa présence céleste afin qu’ainsi établis,
nous contemplions la Résurrection du Seigneur.
Métropolite
Stephanos
Tallinn, février 2007

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