MESSAGE
PASCAL
de
l’AN DE GRACES 2008
En Estonie, les paroisses
estonophones fêtent Pâques suivant le calendrier grégorien tout
comme l’Eglise Orthodoxe de Finlande et certaines paroisses
en Pologne, Tchéquie et Slovaquie. Les paroisses russophones
suivent elles le calendrier julien.
Chers Frères et Sœurs en Christ,
Nous célébrons aujourd’hui la Pâque du Seigneur : Dieu s’incarne,
souffre, meurt, descend en enfer pour écraser la mort et l’enfer
et faire de nous des vivants. Christ est ressuscité !...Ce jour
que fit le Seigneur est un jour de joie et d’allégresse. Ce
jour est celui de la victoire de la vie sur la mort. La Résurrection
du Christ nous concerne et nous saisit maintenant. La Résurrection
est en nous ; dès maintenant elle nous plonge dans la vie même
de Dieu.
Pourtant
interrogeons-nous. Pâques est une grande et belle fête, mais
que reste-t-il dans nos vies de cette exaltation passagère ?
Et puis, est-ce que c’est vrai ce que l’on dit dans les églises
le jour de Pâques, que le Christ est ressuscité ? Depuis 2000
ans, la même rumeur court toujours : ce Christ qui a vécu parmi
les hommes, Dieu l’a-t-il vraiment relevé d’entre les morts
?
Nous
savons bien en effet que non seulement nos vies mais l’histoire
toute entière est pleine de douleur et de haine et que le monde
ne cesse de mourir par manque d’amour ; que notre civilisation
riche de connaissance et de puissance fuit la mort mais multiplie
les moyens de son propre suicide. Quelle preuve avons-nous que
le Christ est vraiment ressuscité ; que la Résurrection n’est
pas qu’une aimable fête à la surface de l’histoire, à la surface
de nos vies mais qu’elle jaillit, au contraire, de toute l’épaisseur
de notre souffrance, de tous les massacres de l’histoire, de
tout le chaos de l’univers ?
A
celui qui attend une démonstration qui l’obligera à croire,
la réponse est claire : il n’y a pas ce genre de preuve. Mais
tout au long de l’histoire de l’Eglise, tout au long de l’histoire
des hommes, et maintenant, oui, maintenant, il y a une multitude
de signes de Résurrection, à commencer par celui des propres
disciples du Christ, lesquels après l’avoir abandonné et avoir
fui découragés quand on l’avait arrêté, jugé, torturé et tué,
n’ont pas hésité, trois jours plus tard de clamer avec certitude
: « Jésus est vivant ». Certains disaient : « Dieu l’a ressuscité,
il l’a relevé ». D’autres disaient : « Il a été exalté »…Saint
Paul a écrit : « Il vit par la puissance de Dieu »…
Nous
aussi nous croyons à la Résurrection parce que les apôtres,
avant nous, ont cru et que personne n’a pu les convaincre de
mensonge ; parce que des milliers et des milliers de martyrs
ont préféré mourir plutôt de dire que l’évènement de la Résurrection
n’avait pas eu lieu ; parce que tant et tant d’hommes à travers
les siècles ont vécu et sont morts, en suivant le Christ, dans
l’espérance d’être déjà ressuscités avec lui ; parce que dans
le monde, des hommes et des femmes puisent, dans la Résurrection,
le courage de lutter pour la liberté, la justice et la paix,
avec les armes d’un amour actif, créateur.
«
Hier, disent les matines de Pâques, hier, j’étais enseveli avec
toi, ô Christ. Aujourd’hui, je me réveille avec toi le Ressuscité.
Hier, j’étais crucifié avec toi. Maintenant, glorifie-moi dans
ton Royaume ». Depuis cet instant, où les trois femmes de l’Evangile
virent que la pierre du tombeau avait été roulée et que le Christ
n’y était plus, jusqu’à nos jours, la contagion de la vie du
Ressuscité continue de s’étendre tel un fleuve intarissable
qui envahit tout. Et c’est précisément à ce déploiement de la
Résurrection à travers l’histoire, pour préparer le retour du
Christ, que nous sommes désormais appelés.
« La résurrection, écrit un prédicateur contemporain, ce n’est
pas un lot de consolation pour plus tard, c’est notre vocation
aujourd’hui ». Peut-être, en lieu et place de preuves, nous
faut-il accepter dans un premier temps de garder le silence
devant notre manque de mots pour dire ce que nous croyons de
la Résurrection du Christ. Car il ne s’agit pas pour nous d’attendre
la Résurrection mais bien de la vivre et de la faire vivre dès
maintenant, sans chercher à l’expliquer avant d’avoir fait une
partie du chemin qui, à travers les sentiers lumineux de l’Evangile
de la Résurrection, nous mènera à la vraie foi en Christ ressuscité.
CHRIST
EST RESSUSCITE !
EN VERITE IL EST RESSUSCITE !
Frères
et Sœurs, c’est dans la joie pascale que je vous donne ma bénédiction.
Pâques de l’An de Grâces 2008.
+STEPHANOS,
Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie.
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Bibliographie :
1.Bernard
Bidault : « Parole de Vie » Année B – Ed. Mediaspaul, 1996 –
Bar le Duc (France) pp.48-49.
2.Jean Corbineau : « Parole de Dieu, paroles de fêtes » - Ed.Karthala
et CFRT,2006 – Paris (France) – pp.122-124.
3.Mgr Stephanos : « Une saison en orthodoxie » - Ed.du Cerf,1992
– Paris (France),pp.125-136.

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