|
MESSAGE
DE NOEL 2006
( à lire au cours de la Divine Liturgie après le texte
de l’évangile )
« Grand est le mystère que nous
célébrons. Dieu a été manifesté dans la chair (1Tim.3/16 ).
Frères
et Sœurs bien-aimés dans le Seigneur,
Le
Christ aujourd’hui vient vers nous et c’est parce qu’il vient
vers nous que nous pouvons aller vers lui. Lui, que nous qualifions
de Soleil de justice, s’est maintenant levé pour nous ; il éclaire
pour chacun d’entre nous, depuis la grotte de Bethléem, une
autre route, une journée nouvelle. « Notre existence de croyant,
présente et éternelle, dépend bien de cette annonce que proclament
Matthieu, Marc, Luc et Jean dans leurs évangiles : l’enfant
est Dieu. Notre existence de croyant, présente et éternelle,
ne peut se passer de cette affirmation qui est notre foi et
qui a besoin de toute la force de notre foi : pour nous un Sauveur
est né, c’est cet enfant, et il est Dieu » *.
Le
signe, c’est le nouveau-né emmailloté et couché dans une crèche
(Luc 2/9). « Ici commence, dans une mangeoire, une aventure
auprès de laquelle toute autre aventure s’efface : quelqu’un
va être humainement Dieu et divinement homme … Quelle incroyable
valeur doit avoir notre vie pour que Dieu puisse l’épouser à
ce point »*!
Un
nouveau-né emmailloté, tel est le signe en effet. Notre monde
est un monde de signes dont il nous faut sans cesse déchiffrer
l’écriture secrète. Dieu est puissant, oui…Pourtant, aucune
démonstration de puissance n’accompagne la nativité de Jésus-Christ.
Au contraire, le Dieu fait homme se fait connaître d’abord par
son humilité, par sa faiblesse. Jusqu’à pouvoir venir dans la
pauvreté et le silence. Pour quiconque suit la « petite voie
» d’enfance inaugurée à Bethléem, tout ce qui est petit devient
grand. C’est donc à juste titre que l’apôtre Paul nous annonce,
dans sa première lettre à Timothée, que le mystère de la piété,
présentement célébré, est grand. Pour ma part je l’entends ainsi
: nous ne sommes plus au seuil du mystère mais désormais nous
avons été pour toujours introduits au cœur même de l’incroyable
amour de Dieu. Le message de la Nativité se résume en trois
mots : nous sommes aimés. Si nous voulons vraiment les recevoir,
ils peuvent bouleverser et transformer toute notre vie. Pour
cela, il faut commencer par le commencement. Il faut mettre
en premier lieu l’amour de Dieu pour les hommes, un amour sans
limites. C’est toujours Dieu qui, le premier, aime. C’est toujours
lui qui prend l’initiative. L’amour de l’homme pour Dieu n’en
est que la réponse. Aujourd’hui, pour nous qui nous rendons
avec les anges et les bergers au pied de la crèche, « ce n’est
pas le jour des Mon Dieu, je t’aime. C’est le jour des Comme
tu nous aimes ! », écrit un auteur chrétien contemporain de
France*.
«
Grand est le mystère que nous célébrons. Dieu a été manifesté
dans la chair. La Nativité, « c’est l’altérité du Parfait, le
Christ Sauveur, face au très
imparfait qu’est chacun d’entre nous. C’est l’altérité de l’absolue
Pureté face au pécheur. C’est l’altérité de l’Amour sans limites
face à notre marche à tâtons vers toute sorte d’émotion. C’est
l’altérité de l’Etre Suprême face au néant de la créature **.
Aussi
Frères et Sœurs bien-aimés, « prenons avec nous ce qu’il y a
aujourd’hui de plus précieux, prenons Jésus, prenons l’enfant
de Bethléem dans sa petitesse, dans sa faiblesse qui fortifie
notre propre faiblesse. Le Christ Sauveur s’avance. Déjà nous
entendons les bruits de ses pas. Déjà nous entendons sa voix.
Le voici : il vient, il vient à jamais »**.
En
vous souhaitant à toutes et à tous mes vœux les plus chaleureux
pour le Saint Jour de la Nativité et pour l’Année Nouvelle 2007
qui s’annonce et en vous envoyant ma bénédiction la plus paternelle,
je prie le divin Enfant, couché dans la crèche de Bethléem,
qu’il ne cesse de nous assister afin que nous apprenions à concilier
son Amour sans limites avec toute la peine des hommes, avec
toute la douleur du monde.
En
ce jour de la Fête de la Nativité de l’An de Grâces 2006.
+STEPHANOS,
Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie.
-
- - - - - - - - - -
Notes
bibliographiques :
(*)
: André Sève : « UN RENDEZ-VOUS D’AMOUR. (Ed.Le Centurion /
Paris 1983, pp.194-
195).
(**): Un Moine de l’Eglise d’Orient : « LA COLOMBE ET L’AGNEAU.
(Ed.Chevetogne,
/ 1979,pp.89-96 ).
: « AMOUR SANS LIMITES.(Ed.Chevetogne,pp.25-41).
: « JESUS. (Ed. Chevetogne 1962, p 11).

Retour
au sommaire
|